COMMENT LE TRIBUNAL SE DÉTERMINE-T-IL ?
L'EXAMEN DE LA DEMANDE :
1. Il n'existe aucune définition textuelle du délai raisonnable.
2 LA CHARGE DE LA PREUVE : Il appartient au demandeur de prouver l'existence d'un déni de justice en raison de délais déraisonnables.
3. L'APPRÉCIATION CONCRÈTE DE LA PROCÉDURE : Le juge apprécie si l'allongement du délai de réponse judiciaire est excessif de manière concrète, au regard des circonstances propres à chaque procédure c'est à dire en prenant en considération :
- Les conditions de déroulement de la procédure ;
- La nature de l'affaire, son degré de complexité ;
- Le comportement des parties en cause,
- L'intérêt qu'il peut y avoir pour l'une ou l'autre des parties, compte tenu de sa situation particulière, des circonstances propres au litige, et, le cas échéant, de sa nature même, à ce qu'il soit tranché rapidement.
4. UN EXAMEN ÉTAPE PAR ÉTAPE : l'évaluation du caractère excessif de la procédure litigieuse se fait en considération, non de sa durée globale, mais du temps séparant chaque étape de la procédure : saisine, conciliation, renvois, délibéré, notification, etc.
5. Si le juge estime que les délais de la procédure sont excessifs, il prononce la condamnation de l'État.
APPRÉCIATION DES PRÉJUDICES SUBIS - CALCUL :
- La jurisprudence considère que le principe d'un préjudice moral est acquis dès lors que la durée d'un procès, à lui seul source de stress et d'incertitude, est telle qu'elle entretient et accentue cette inquiétude dans une mesure inacceptable.
- Ce préjudice est indemnisé en multipliant le nombre de mois excédentaires par ce que l'on pourrait appeler une indemnité forfaitaire mensuelle qui est en moyenne de l'ordre de 150 à 200 € (exemple : 36 mois de dépassement excessif du délai raisonnable x 200 = 7 200 €) ;
- Toute autre demande d'indemnisation indépendante du préjudice lié à cette attente injustifiée doit être prouvée, qu'il s'agisse d'un préjudice moral, d'un préjudice matériel, financier, d'une perte de chance.


